AUTOUR DE SALTA

Ce qu'en disent les guides

Bibliothèque du voyageur Gallimard - ARGENTINE - Janvier 2007

Extrait de circuit

A l'ombre des patios

Même si Cafayate se trouve seulement à 260 km de Yucumán (environ 3 h 30 de route), prévoyez d'y rester au moins une nuit. Après avoir visité sa cathédrale aux 5 nefs majestueuses, les petits musées d'Archéologie et de Viticulture, et fait quelques emplettes dans les boutiques de tissage artisanal ou d'orfévrerie, offrez-vous le luxe d'une matinée à goûter la fraîcheur délicieuse prodiguée par l'altitude (1 600 m) dans l'un des pations ombragés de vigne de cette bourgade coloniale.

Les alentours de Cafayate abritent d'innonmbrables vestiges archéologiques, ainsi que quelques vignobles où sont produits d'excellents blancs issus du célèbre cépage torrontés.

Sur les routes de Salta

Si tous les chemins ne mènent pas à Salta, deux au moins y conduisent. A droite, la Ruta 68 dessine une chemin sinueux à travers la Vallée de Guachipas, également appelée Quebrada de Cafayate. L'eau et le vent ont sculpté le grès rouge de ces pentes au gré de leurs caprices. Les 180 km de cet itinéraire ne devraient pas vous prendre plus de 4 heures. Mais, si vous disposez d'un peu plus de temps, choisissez plutôt de passer par la Ruta Nacional 40, qui serpente tout au long de la vallée du Río Calchaqui, l'un des plus longs cours d'eau du pays.

Le moindre petit village de la Valle de Calchaquí appelle une halte, ne serait-ce que pour en apprécier l'architecture coloniale et l'art hispanique, toujours très bien préservés dans la région. Non loin de Cafayate, San Carlos mérite tout particulièrement une visite. Ce village paisible aurait été fondé à 5 reprises, d'abord par les conquistadores en 1551, puis par des vagues successives de missionnaires obstinés.

Peu après San Carlos, la route se fait de plus en plus tortueuse. A l'heure des repas, les fumées qui s'élèvent au-dessus de misérables bicoques exhalent des arômes appétissants de plats traditionnels comme le locro, le puchero, les tamales et la mazamorra (boisson chaude à base de maïs et de sucre), ou l'odeur du pain cuit dans un four en adobe généralement niché à l'arrière de l'habitation.

La route s'écarte brièvement du fleuve, franchissant l'imposante Quebrada de Flecha, une forêt d'aiguilles en grès érodé hérisse un paysage animé par les jeux de soleil et de l'ombre. L'ancien site d'Antastaco conserve ses  cahutes primitives en adobe au flanc de dunes immobiles. Au centre du hameau, une hosteria confortable attend votre venue. De vastes vignobles s'étendent encore dans les environs mais, vers le nord, les piments rouges l'emportent progressivement sur le raisin.

Molinos est un village paisible qui se distingue par son église massive en adobe et ses rues bordées de maisons coloniales. Molino signifie "moulin", et le vieux moulin à eau de la ville fonctionne toujours sur la berge du Río Calchaqui. De l'autre côté du fleuve, des ateliers d'artistes occupent une belle résidence coloniale rénovée qui abrite un vaste patio et une cour intérieure flanquée d'arches. Les artisans locaux vendent uniquement des articles réslisés à la main : pulls, tapis, tissages. A Seclantás et dans le hameau voisin de Solco, certains continuent de tisser manuellement la belle laine rouge et noire des ponchos traditionnels de Güemes, encore portés par les fiers gauchos de Salta.

Une église en cactus

C'est à 170 km au nord de Cafayate, toujours sur cette route sinueuse, que se cache le joyau de la Valle Calchaquí : Cachi. Dans la très ancienne église de ce bourg, tout ce que vous pouvez admirer ou presque (autel, confessionnaux, bancs, toit et même le plancher) est taillé dans du bois de cactus, l'un des rares matériaux de construction disponibles dans la région.

N'hésitez pas franchir, en face de l'église, le seuil du Museo Arqueológico, le plus intéressant du genre en Argentine. Après avoir obtenu l'autorisation de son directeur, vous pourrez découvrir le vaste chantier de fouilles de Las Pailas, à 18 km de là. Quantité de sites archéologiques parsèment la région de Calchaquí, qui était extrêmement peuplée avant l'arrivée des Espagnols.

Comme à Cafayate, vous risquez fort d'avoir envie de prolonger votre séjour. Si vous décidez de passer la nuit sur place, l'Hosteria ACA occupe un cadre magnifique au-dessus du vieux Cachi.

Ici, l'air est si limpide que les 6 300 m du majestueux Cerro Cachi paraissent très proches. Une telle pureté semble profiter aux habitants de la région : ils vivent très vieux.

Si vous souhaitez contempler le Cerro Cachi de plus près tout en approchant quelques belles fermes et demeures de campagne, arrêtez-vous à Cachi Adentro, un village à 6km. Passé ce point, la Ruta Nacional 40 se révèle vite impraticable. (à vérifier avec infos récentes - ndld) Vous pouvez toutefois atteindre La Poma (à 50 km), petit bourg partiellement détruit par un tremblement de terre en 1930. La principale route touristique s'oriente vers l'est, traversant un haut plateau appelé Tin-Tin. C'est la terre natale du cardón géant, le plus grand cactus du monde (Pachycereus pringlei). Le Parque Nacional Los Cordones a été fondée en 1997 pour protéger cette espèce menacée.

A 90km au nord de la Poma (si vous y arrivez : la route est en très mauvais état et fréquemment infranchissable (à vérifier avec infos récentes - ndld) San Antonio de los Cobres s'accroche à 3775 m d'altitude. C'est le terminus du fabuleux Tren a las Nubes ("train des nuages"), train touristique reliant Salta à San Antonio en une journée. A proximité, la Ruta 51 mène à Santa Rosa de Tastil, cité préinca du XIVe siècle découverte en 1903. Un petit musée est aménagé sur le site, où vous pouvez suivre une visite guidée des ruines.

Descendant du spectaculaire col de Cuesta del Obispo, la piste passe à proximité des roches rouges et vertes de la Quebrada de Escoipe, puis traverse les plaines émeraude de la Vallée de Lerma qui vous séparent de Salta. Si vous souhaitez faire le trajet Cafayate-Salta via Cachi d'une seule traite, comptez 8h de conduite très éprouvante.

Perles coloniales

Dans la superbe vallée de Lerma, Salta "la Bella" (sagsta en langue aymara, soit "la très belle") séduit par le contraste vigoureux qui oppose ses bâtiments coloniaux et son architecture moderne. La ville assume non sans une certaine arrogance son héritage colonial, et bien des Salteños se considèrent comme les seuls criollos (Argentins d'origine espagnole) authentiques du pays, car ils auraient pris soin d'éviter tout contact avec des générations d'immigrés. Ainsi Salta adopte-t-elle les codes vestimentaires et moraux les plus stricts. La plus grande ville du nord du pays vous offre une base séduisante pour rayonner dans les environs ou y pratiquer des sports d'aventure.

Salta abrite quelques joyaux d'architecture coloniale comme le Convento San Bernardo (fermé au public), l'Iglesia de San Francisco et le Cabildo. Achevée en 1882, la Cathedral, Plaza 9 de Julio, conserve les dépouilles de héros de l'indépendance, notamment celle du général Martín Miguel de Güemes. Face à la cathédrale, le Museo Histórico del Norte occupe un bâtiment construit en 1626 pour accueillir le siège de la vice-royauté, avant que ne s'y installe en 1825 le gouvernement provincial, qui y restera jusqu'à la fin du XIXe siècle. Flanqué d'élégantes arcades, le Cabildo abrite les célèbres statues de La Virgen et d'El Cristo del Milagro ("Christ du miracle"), échouées au XVIe siècle sur la côte péruvienne après le naufrage d'un navire espagnol. On leur prête quantité de miracles, notamment l'arrêt du tremblement de terre de 1692. A l'intérieur du Cabildo, le remarquable Museo Histórico expose, dans ses 10 salles, des pièces à caractère archéologique ou colonial.

Art et histoire

A 2 cuadras du Cabildo, à l'angle de Florida et d'Alvarado, le Museo de la Ciudad appelé aussi Casa Hernandez, illustre à merveille le style colonial d'une résidence privée de la fin du XVIIIe siècle. Egalement dans Florida (n° 20), le Museo de Bellas Artes occupe la Casa de Arias Rengel, le plus important bâtiment de la période de la vice-royauté (XVIIIe siècle) conservé à Salta. Restaurée et classée monument historique, la demeure accueille désormais un musée présentant un bel ensemble d'art colonial (notamment jésuite) et argentin contemporain.

A une cuadra de San Francisco, la Casa o Museo Presidente José E. Uriburu, superbe résidence de 1773, abrite un musée colonial. Dans le même quartier, de nombreuses boutiques d'artisanat vendent des articles en argent et en alpaga de grande qualité : les gourdes à maté en argent, en bois et en alpaga sont particulièrement belles.

Quelques cuadras à l'est du Museo Uriburu, à l'angle de Caseros et de Santa Fe, le magnifique portail sculpté du Convento de San Bernardo est l'oeuvre d'artisans indiens (1762). Occupé par l'ordre des Carmélites depuis 1846 et fermé au public, le monastère s'organise autour de 4 cloîtres aux galeries ouvertes. Plus massive, l'église adjacente ne conserve qu'une partie de sa structure d'origine, détruite par un tremblement de terre en 1692. La tour daterait du XVIIIe siècle. Au sud-est de la Plaza 9 de Julio, le vaste Parque San Martín englobe les Jardínes Lola Mora, qui doivent leur nom à une sculpteur remarquable, native de Tucumán. Le Museo de Ciencias Naturales se consacre à l'histoire naturelle des provinces de Salta et de Jujuy ; vous y découvrirez des tatous, des fossiles de poissons préhistoriques et des espèces végétales.

Le remarquable Museo de Antropología retrace l'histoire de la région. Il expose des pièces provenant de Santa Rosa de Tastil (époque précinca), notamment des tissages et une pierre où fut gravé le "danseur" de Tastil. N'hésitez pas non plus à flâner au Mercado Artesenal, 3 cuadras au sud-ouest de Plaza 9 de Julio, où vous pouvez vous procurer des articles confectionnés par des tribus indigènes de la province.

Au départ de Parque San Martin, un funiculaire rallie le sommet du Cerro San Bernardo, qui offre une vue magnifique sur la ville.

Ticket pour les nuages

Le train touristique Tren a las Nubes est l'un des derniers du genre en Amérique du Sud. Motrice, wagons, voiture-restaurant, bar, où s'entassent guides, serveurs, musiciens et voyageurs quittent la gare de Salta à 7h du matin pour pénétrer le canyon de la Quebrada del Toro environ une heure plus tard.

Ensuite, la ligne prend peu à peu de l'altitude : une pure merveille technologique, sans la moindre crémaillère y compris dans les pentes les plus raides, des rebroussements et des spirales ayant été aménagés pour faciliter la progression des trains.

Après avoir traversé San Antonio de los Cobres, ancienne capitale du territoire autonome de Los Andes (1899-1943) - formé à la suite de conflits frontaliers avec la Bolivie -, il atteint le Viaducto La Povorilla (63 m de haut, 224 m de long), dont l'impressionnant meccano en acier se dresse au-dessus d'un paysage lunaire : terminus à 4 197 m d'altitude.

Le Tren a las Nubes fait ensuite demi-tour, pour regagner Salta au bout de 14 h et 272 km au total. Malheureusement, il circule seulement de mars à octobre, et de à 6 fois par mois.  (à vérifier avec infos récentes - ndld). Pour plus de détails, consultez le site du train). Vous pouvez vous procurer les tickets à Salta et à Buenos Aires.

Au cœur de la forêt subtropicale

Le Parque Nacional El Rey s'étend au cœur de la région des yangas, forêts subtropicales qui se déploient à 80 km de Salta. Ici, l'Argentine devient aussi moite, verdoyante et impénétrable que l'Amazonie. En matière d'hébergement, vous avez le choix entre une hosteria (propre), quelques bungalows et un terrain de camping. Le parc n'est accessible qu'en voiture ou de Salta en participant à un voyage organisé, la meilleure saison s'étalant de mai à octobre.

Le Parque Nacional Calilegua couvre 76 000 ha dans la province de Jujuy. D'abord constitué d'une yunga subtropicale comme El Rey, le Calilegua se métamorphose avec l'altitude en une forêt humide de montagne, puis en un plateau montagneux. Ce site, traversé par plusieurs rivières et doté d'un écosystème et d'une faune (jaguars notamment) exceptionnellement variés, dispose également d'un terrain de camping. Un pipeline traverse malheureusement le parc depuis 2000, en dépit des efforts déployés par les écologistes pour l'empêcher.

 

San Salvador de Jujuy

Au départ de Salta, une route de montagne sinueuse appelée La Cornisa mène à San Salvador de Jujuy (comptez 1h30 de trajet). La Catedral a été fondée en 1611, puis détruite en 1691 par un tremblement de terre. L'édifice actuel date, pour une grande part, de 1765. Outre se splendide chaire dorée, chef-d'œuvre réalisé par des habitants de la ville, l'église possède une ravissante chapelle consacrée à la Virgen del Rosario. Le presbytère abrite une exceptionnelle peinture du XVIIe siècle qui représente également la Vierge. L'office de tourisme se situe à proximité, dans Belgrano.

En face de la cathédrale, sur la Plaza General Belgrano, la Casa de Gobierno impose sa structure néoclassique (achevée en 1920). A l'intérieur, le Salón de la Bandera conserve le premier drapeau argentin et son blason, créés par le général Belgrano, héros de l'indépendance. Devant la Casa de Gobierno, 4 statues représentent la Paix, la Liberté, la Justice et le Progrès ; elles sont l'œuvre de la sculpteur Lola Mora. Face à la Casa de Gobierno, le Cabildo y Museo Histórico Policial loge dans un bâtiment du XIXe siècle reconstruit après le tremblement de terre de 1863. Près de la préfecture de police, un petit musée présente, entre autres, les actions antidrogue menées par la police.

A 2 cuadras du Cabildo, à l'angle de Belgrano et de Lavalle, l'Iglesia San Francisco date de 1927, mais elle respecte le style traditionnel des églises franciscaines, dont un premier exemple vit le jour sur ce site dès le XVIIe siècle. L'intérieur abrite une chaire sculptée de motifs traditionnels de Cuzco, au Pérou (milieu du XVIIIe siècle), et une remarquable statue en bois de San Francisco, localeemnt appelé San Roque. L'édifice abrite également le Museo de San Francisco, qui expose les 13 stations d'un chemin de croix bolivien peint en 1780.

De tout temps, l'imagerie religieuse locale a impressionné les voyageurs par ses détails sanglants. Ce phénomène peut s'expliquer par la vie extrêmement rude menée les communautés indigènes qui habitaient la région : pour espérer les impressionner un tant soit peu, les premiers missionnaires s'employèrent à dépeindre la passion du Christ et la vie des saints sous des traits particulièrement atroces. Les statues, notamment, représentent avec réalisme des blessures béantes et sanguinolentes.

Jujuy compte plusieurs musées intéressants, notamment le Muséo Histórico Provincial, installé dans une résidence du XIXe siècle.

Le général Lavalle, héros des Unitarios, y mourut en 1841 après sa défaite contre les Federales lors de la bataille de Famaillás. Le musée expose es costumes du XIXe siècle et des œuvres d'art sacré. Une salle, consacrée au mouvement pour l'indépendance, présente des armes saisies durant la bataille de Suipacha.

Toujours dans Lavalle, mais 2 cuadras au nord, le Museo Archeológico Provincial propose diverses collections de pierres, de poteries et d'objets en étal de la région. La Capilla de Santa Bárbara, la plus ancienne église de la ville, date de 1777 ; elle conserve des peintures religieuses du XVIIe siècle. A 2 cuadras, Calle Laadrid, le Teatro Mitre fut inauguré en 1901. Restauré en 1979, il a recouvré tous les fastes de son style italien. Le Mercado Municipal dresse ses étals 2 rues plus à l'est, et la gare ferroviaire "à la française" (début du XXe siècle) trône à 2 cuadras de la Plaza General Belgrano, à l'angle de Gorriti et d'Urquiza. Quant à la gare routière, elle se trouve à quelques rues au sud du Río Chico Xibi, à l'angle d'Iguazú et de Dorrego.

Parque San Martin

Le Parque San Marfin s'étend sur plusieurs cuadras à l'ouest de la Plaza General Belgrano. C'est le seul espace vert de la ville, et même si sa superficie est plus modeste par rapport à ceux d'autres villes argentine, il regroupe une piscine, un ensemble de logements et un restaurant, La Mirage.

Près du parc, le Museo de Mineralogía dépend du département de géologie et des mines de l'université provinciale. Il présente les richesses minéralogiques de la région et retrace l'histoire locale des filons d'or et des mines de fer et d'étain.

Si une baignade vous tente, rendez-vous à quelques kilomètres de la sortie de la ville aux Termas de Reyes, dont les sources jaillissent au fond d'une vallée étroite. Vous bénéficierez, en outre, d'une vue superbe sur la ville, les montagnes et les lacs de la région.

Couleurs de la Quebrada

Lentement, la Ruta 9 gagne de l'altitude, et le soleil apparaît bientôt. Le Río Grande s'est frayé ici une large quebrada. En été, lorsque des pluies torrentielles gonflent ses eaux, les versants de la vallée prennent des couleurs plus vives qui donnent encore plus d'acuité au relief.

Depuis 10 000 ans, la Quebrada de Humahuaca est une voie essentielle pour le transport des hommes et des marchandises entre la puna andine et les plaines en contrebas. Le site a été classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 2003. Le Cerro de los Siete Colores ("montagne aux sept couleurs) déploie son magnifique arc-en-ciel rocheux derrière le village de Purmamarca et sa vielle église en adobe. Sur la place ombragée, des vendeurs proposent des sculptures sur bois, des tapis tissés à la main, ainsi que toutes sortes d'herbes médicinales. Une dizaine de kilomètres plus loin, Tilcara est un village réputé pour son immense pucará ("place forte") précolombienne perchée sur une colline au cœur de la vallée. Sur sa grand place, le Museo Arqueológico expose une momie préinca et diverses pièces originaires de Bolivie, du Chili et du Pérou. Un jardin botanique héberge des spécimens issus de la puna.

El Angosto de Perchel, la Quebrada ne mesure que 200 m de large avant de s'ouvrir sur une vaste vallée. L'eau disponible est utilisée pour l'irrigation ; de petites parcelles cultivées et des vergers apportent une touche de verdure aux teintes ocrées des berges.

Clochers dans le désert

Vous voilà maintenant à Humahuaca, ville qui doit son nom, comme la vallée, à une tribu indigène.

Humahuaca perchant à presque 3 000 m d'altitude, mieux vaut ne pas faire d'efforts inutilses, ou vous serez vite à bout de souffle. Evitez aussi les repas trop copieux et les boissons alcoolisées : une tasse de thé sucré vous sera plus bénéfique. La plupart des voyageurs ne s'attardent guère à Humahuaca. Pourtant, si vous y sejournez plusieurs jours, vous aurez plaisir à arpenter son dédale de ruelles pavées, à croiser des vendeurs d'herbes médicinales près de la gare, ou encore à visiter le Museo Folklórico Regional, riche en instruments de musique et en costumes traditionnels.

A 9 km, le vaste site de Coctaca fait encore actuellement l'objet de fouilles. Ses terrasses agricoles et ses vestiges d'habitations dateraient du début de l'ère chrétienne. Autre escapade possible, le hameau d'Iruya se niche au creux de montagnes impressionnantes, à 75 km de Humahuaca.

Les voyageurs les plus aventureux se rendront à Abra Pampa, puis au Monumento Natural Laguna de los Pozuelos, qui héberge d'abondantes colonies de flamants des Andes (Phœnicoparrus andinus, une espèce menacée) et des troupeaux de vigognes broutant près de la route. Un vaste élevage de vigognes s'est implanté près d'Abra Pampa.

C'est ici, au cœur de la puna (ou Altiplano), à une altitude moyenne de 3 500 m, que vous découvrirez les villages les plus fascinants du Nor Oeste, dans un région habitée des milliers d'années avant l'arrivée des Espagnols, puis occupée par les Incas lors de leur expansion vers le sud. Nombre de ces villages isolés - tels Casabindo, Cochinoca, Pozuelos, Tafna ou Rinconada - possèdent des églises coloniales étonnamment grandes et somptueusement décorées. Aucun d'entre eux ne se trouve sur la Ruta 9, mais tous demeurent accessibles par des petites pistes qui sinuent à travers des paysages paisibles. La Ruta 9 se poursuit jusqu'à La Quiaca et La Villazón, respectivement de part et d'autre de la frontière bolivienne.

D'or et d'albâtre

A proximité de la frontière bolivienne, Yavi se blottit contre les vents glacés de l'Altiplano dans une petite cuvette, à 15 km à l'est de La Quinca par une route goudronnée. Du XVIIe au XIXe siècle, ce village était le siège du Marqués de Campero, l'un des fiefs espagnols les plus riches de cette partie du continent. La construction de l'Iglesia de Nuestra Señora del Rosario y San Francisco date de 1690. Plus tard, l'un des marquis dirigeant le fief en fit dorer le retable et la chaire. Les minces feuilles d'albâtre qui servent de vitraux diffusent une lumière douce où luisent les dorures. Un chef-d'œuvre irréel, comme égaré dans les âpres solitudes de la puna.

 

 

 

Mes notes 

Le guide Bibliothèque du Voyageur (Gallimard) dont j'ai repris ici des extraits précise, pour chaque site ou monument qui se visite, les jours et horaires d'ouverture. Ceux-ci ayant pu varier depuis l'édition de 2007, je ne les ai pas repris.